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12 avril 2021
FLOTOMOBIL
Financement/Location/Fiscalité Gestion de flotte

Nombreuses sont les entreprises marocaines qui ont recours au leasing, ou autrement appelé crédit-bail, une opération de location d’un bien mobilier ou immobilier, assortie le cas échéant d’une promesse de vente. Un mode de financement qui préserve la trésorerie du preneur et qui lui permet d’affecter ses fonds propres au développement de l’entreprise. Si le leasing s’interfère dans toutes les strates de l’économie nationale, il constitue un vecteur essentiel de développement du transport routier de voyageurs et de marchandises. Bien que les sociétés de leasing assurent à leur clientèle une qualité de services, ils doivent poursuivre leurs efforts de vulgarisation de leurs produits afin d’élargir leur cible client. De même que l’environnement sectoriel, financier et économique lié au transport dans son ensemble doit encore progresser afin que les entreprises puissent accroître leur chiffre d’affaires.

Organisées récemment sous la houlette de l’Association Professionnelle des Sociétés de Financement (APSF) sous le thème «le leasing marocain finance le développement durable», les deuxièmes assises nationales du leasing ont été franc succès. Un événement qui a rassemblé l’ensemble des opérateurs du secteur, concerné plus particulièrement par la thématique liée au transport routier.

Le leasing au Maroc, est une histoire riche de plus d’un demi-siècle. Cette formule de financement a accompagné le tissu productif national tant dans son décollage que dans ses différentes phases de développement, représentant ainsi aujourd’hui prés de 50 Milliards de dirhams, qui soutiennent les projets d’investissement, et prés de 15% de la formation brut de capital fixe.

C’est dans cette perspective que le leasing est naturellement interpellé aujourd’hui alors que s’ouvre un débat national sur le futur modèle de développement de l’économie, notamment en termes d’enjeux économiques, financiers, sécuritaires et environnementaux.

«Le leasing a pour ambition de financer et d’accompagner les programmes en cours initiés et encouragés par le gouvernement», a rappelé Abdallah Benhamida. Et le Président de l’APSF d’ajouter : «depuis 15 ans, de nouveaux facteurs d’ordre réglementaire, technologique et économique impactent le métier du crédit».

Toujours est-il que le transport de marchandises et de voyageurs doit fait face à plusieurs contraintes, dont celles liées à la vétusté des véhicules et qui entrave le développement du secteur, n’incitant pas à son évolution vers davantage de professionnalisme, de rentabilité et de sécurité.

Le transport, un secteur qui doit évoluer

La mise à niveau et le développement du transport routier de marchandises et de voyageurs font partie de l’une des priorités des Pouvoirs publics, et ce, avec acuité depuis la libéralisation du secteur du transport courant 2003.

Aussi, le renouvellement du parc des véhicules est à inscrire au rang des actions concrètes pour la mise en œuvre de la stratégie nationale de sécurité routière.

Faut-il préciser que le secteur du transport représente 8,7% du nombre de tués sur les routes. Si ce chiffre n’est pas très alarmant comparé à ceux relatifs aux piétons, deux-roues ou voitures légères, il faut pouvoir sécuriser le transport des professionnels et rajeunir le parc.

Entre autres mesures, la prime à la casse impulsée par les Pouvoirs publics est une des composantes devant contribuer à baisser le taux de sinistralité.

Selon Brahim Baamal, Directeur du Transport et de la sécurité routière au sein du ministère de l’Équipement, sur une enveloppe d’1 milliard de DH alloués aux transporteurs, seuls 400 millions de DH ont été déboursés pour pouvoir bénéficier de la prime.

«Il ne s’agit pas de remettre en question la validité d’un tel programme qui n’a comme seule vocation que d’améliorer la qualité du parc roulant, tout en dynamisant le transport dans son ensemble», a souligné à l’occasion de ces Assises Monssif Abied.

Vice-Président du groupement du poids lourd et de la carrosserie (GPLC) et Administrateur directeur général de Scania Maroc, il a mis en exergue les nombreuses contraintes auxquelles sont confrontés les transporteurs dont une concurrence déloyale étrangère, un secteur informel qui tire les prix vers le bas, des clients qui refusent d’indexer le prix du transport au prix du pétrole… un contexte qui n’incite guère les professionnels à opter pour le financement de nouveau matériel.

Pour ce qui est du volet administratif relatif à la prime à la casse, M. Abied a souligné à la lenteur du processus de traitement des dossiers.

Pour améliorer ce faible score et motiver les professionnels à opter pour ce financement, le ministre de l’Équipement et du Transport a validé une augmentation de 20 à 25% de la prime à la casse dans le projet de Loi de Finances 2019.

Par ailleurs, le ministère envisage d’augmenter la durée du programme de 3 à 5 ans afin d’inciter les transporteurs à renouveler avec l’aide qui leur est allouée leur matériel roulant.

Crédit-bail ou leasing ?

Le crédit-bail et le leasing sont-ils synonymes ? En effet, dans le langage courant, ces appellations le sont effectivement, l’une et l’autre évoquant une même réalité. Cependant, les observateurs établissent deux nuances liées au destinataire du bien et à son acquisition ou non à l’issue de la période de location.

Dans les pays de droit anglo-saxon, le leasing concerne tout type de bien, indépendamment de sa destination. Ce dernier peut être mis à la disposition aussi bien des professionnels que des particuliers.

L’option d’achat est incluse dans le contrat, mais n’en constitue pas un aspect spécifique. En revanche, dans les pays de droit latin, le crédit-bail s’adresse aux entreprises et aux professionnels et l’option d’achat est contractuelle.

Le leasing, la solution toute trouvée

Le leasing est, après le crédit bancaire et l’autofinancement, la solution la plus connue du marché.

Globalement 2/3 des entreprises qui envisagent des investissements sur une période de cinq ans veulent recourir à ce mode de financement.

Dans le détail, une étude réalisée pour le compte de l’APSF fait ressortir que son principal inconvénient, c’est son coût par rapport au crédit classique.

Par ailleurs pour certaines entreprises, ce mode financement est plutôt en stagnation, l’absence de communication, la méconnaissance des avantages du leasing, l’absence d’innovation, le coût du leasing par rapport au crédit classique…

Les clients attendent une amélioration de l’offre, une compétitivité plus importante par rapport aux coûts du crédit classique. Autant dire que c’est un marché qui dispose réellement d’une forte marge de progression. Selon l’APSF, le nombre de véhicules financés sur les dix dernières années dans la catégorie des utilitaires avoisine les 60 000 unités.

Fort de ce constat et s’agissant du renouvellement du parc routier, les sociétés de financement ont pris attache sous la houlette de l’APSF avec la direction du transport et de la sécurité routière. Ont été passés en revue les objectifs, les contraintes et les limites des programmes lancés à l’attention des transporteurs depuis 2006, l’objectif étant de formuler des propositions concrètes.

Le leasing a pour ambition de financer et d’accompagner les programmes en cours initiés et encouragés par le gouvernement

Abdallah Benhamida, Président de l’APSF.

Marge de progression évidente

Dans cette optique, les propositions de l’APSF consistent à faciliter l’accès du financement aux transporteurs, à fluidifier la procédure et à réduire les délais de traitement de quelques mois à quelques jours.

L’association considère que le bailleur doit être perçu comme un partenaire facilitateur entre le Ministère et la clientèle.

Ce même bailleur qui annonce pouvoir gérer la prime qui lui serait remise et qui viendrait en déduction de l’effort financier consenti par le transporteur. A charge pour la société de financement, si le dossier est recevable, de régler le fournisseur.

Si l’octroi de la prime au transporteur ne pose pas d’inconvénient pour le Ministère, il doit cependant s’assurer que la prime ira vers le concessionnaire, que ce dernier livre le véhicule, que l’opération connaisse la réussite escomptée.

De quoi encourager le renouvellement du parc, renforcer la sécurité sur la route avec des véhicules modernes qui consomment et qui polluent moins. C’est aussi le moyen pour les transporteurs d’optimiser les conditions d’exploitation de leur business et de générer des rendements plus élevés.

Reste également pour les bailleurs à vulgariser le leasing, plus particulièrement auprès des TPE. Il faut être en mesure de leur donner une offre complète, de régler le traitement des dossiers. Il va sans dire que la marge de progression, s’agissant de l’offre leasing à destination des transporteurs, laisse apparaître encore un fort potentiel de développement.

Leasing, un moyen de financement avantageux

Les avantages du leasing sont multiples et peuvent être ramenés pour l’essentiel aux éléments ci-après.

    • Le leasing permet un financement intégral des investissements là où le crédit classique nécessite un apport initial.
    • En offrant un financement total de l’investissement, le leasing permet de préserver la trésorerie de l’entreprise qui conserve ses fonds propres pour les affecter au financement des besoins de son exploitation.
    • Ce mode financement ne nécessite généralement pas de garanties lourdes à supporter par le client. Le bailleur peut s’en tenir à la propriété du bien à financer, qu’il détient jusqu’à l’expiration du contrat.
    • Le leasing se distingue par sa souplesse dans la mise au point du contrat de location. Grâce à des barèmes personnalisés, il permet d’adapter au mieux le financement aux caractéristiques de l’activité professionnelle de l’entreprise et au cycle de vie du matériel à financer.

À noter que le leasing a été doté par le législateur d’un régime fiscal approprié. Les principaux avantages fiscaux se résument comme suit :

  • Les redevances de leasing sont comptabilisées comme charges déductibles du bénéfice imposable (excepté pour les véhicules de tourisme, dont la déductibilité des loyers est plafonnée à 300 000 DH sur la durée du contrat).
  • Exonération de TVA à l’acquisition du bien, car celle-ci est récupérée directement par la société de crédit-bail.
  • La TVA sur les loyers est récupérable suivant le statut fiscal du client (excepté pour les véhicules de tourisme).
  • Possibilité d’amortissement accéléré.

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