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12 avril 2021
FLOTOMOBIL

Mohamed Lamghari, Consultant sénior à l’Association Marocaine pour l’Industrie et le Commerce de l’Automobile (AMICA)

Rencontre

Nous disposons de plus en plus de métiers diversifiés !

L’industrie automobile au Maroc a le vent en poupe. Ces dernières années, elle est devenue le premier secteur exportateur au Maroc, soufflant la plus haute marche du podium au secteur agricole et à celui des phosphates. De quoi hisser le Royaume au rang de 2ème constructeur automobile sur le continent après l’Afrique du Sud. L’occasion de faire le point sur le secteur avec Mohamed Lamghari, consultant sénior à l’Association Marocaine pour l’Industrie et le Commerce de l’Automobile (AMICA). Au cours de cet entretien, il nous livre ses appréciations et lève un coin du voile sur les chantiers à venir qui attendent l’AMICA.

Flotomobil : Quel bilan faites-vous de l’industrie automobile dans le Royaume, plus particulièrement des écosystèmes qui y sont rattachés ?

Mohamed Lamghari : Vous savez ! Le secteur automobile a enregistré une croissance annuelle moyenne du chiffre d’affaires à l’export entre 2010 et 2016 de l’ordre de 25%. Ce qui équivaut à 60 milliards de DH avec, à la clé, la création de 92 500 postes d’emplois à la fin de cette période.

Aussi, le Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020 accompagne toujours cette croissance à travers les différents écosystèmes qui ont été mis en place. Ces derniers constituent toujours autant d’opportunités qui encouragent les industriels locaux et étrangers à intégrer le secteur automobile dans leur stratégie de développement.

A cet effet, sachez que la boucle d’évaluation entre la viabilité d’un business et sa concrétisation effective commence à se raccourcir.

Qu’en est-il de l’intégration vis-à-vis des constructeurs automobiles locaux ?

En matière d’intégration locale, nous disposons de plus en plus de métiers diversifiés. Nous sommes davantage sur des métiers plus technologiques allant du vitrage, à l’éclairage en passant par l’électronique, la connectique, les amortisseurs… En somme, des corps de métiers qui étaient encore absents jusque-là.

Nous demeurons en la matière sur un trend très satisfaisant par rapport à nos objectifs initiaux. Nous devrions les atteindre rapidement, notamment en termes d’engagements, d’investissements et de constructions d’usine, l’objectif souhaité qui est de l’ordre de 65% de taux d’intégration dans un premier devrait être porté dans un deuxième temps à 80%.

Compte tenu de cet afflux de nouveaux opérateurs dans des métiers aussi divers que variés, la main-d’œuvre qualifiée est-elle suffisante ? Justement qu’en est-il du volet formation ?

En matière d’effectifs, la tendance est en progression, voire au-delà des objectifs que nous nous sommes fixés puisque plus de 120 000 personnes ont intégré ces dernières années l’industrie automobile et nous sommes à trois ans de la fin du contrat programme.

Vous vous en doutez, l’absence de personnels qualifiés impacte le coût de production, ce qui va à l’encontre de ce que recherchent les constructeurs et autres équipementiers. La formation demeure un chantier d’une extrême importance sur lequel nous travaillons principalement à travers la consolidation des besoins en termes de métiers.

Aujourd’hui, l’Institut de Formation aux Métiers de l’Industrie Automobile (IFMIA) et l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) jouent pleinement leur rôle en matière de personnels qualifiés.

Quels sont les autres leviers à actionner pour accentuer le développement des écosystèmes ?

Il faut toujours avoir une vision à moyen et à long terme. Il nous reste encore du chemin à parcourir. Nous évoquions précédemment la formation, l’accompagnement des investisseurs est aussi important dans le sens où les industriels sont majoritairement des gens qui ne connaissent pas forcément le Maroc.

Il faut les guider assez rapidement, leur présenter une base potentielle de fournisseurs et de clients, de façon à ce qu’ils puissent développer assez rapidement leurs business et engager l’investissement nécessaire.

Quels sont les grands chantiers qui vous tiennent à cœur au sein de l’AMICA pour cette année 2018 ?

Nous avons en ligne de mire le développement industriel des PME marocaines qui ont investi l’automobile ou qui comptent le faire. Être en mesure de les accompagner pour avoir de plus en plus de PME marocaines dans le secteur automobile, c’est l’une de nos missions.

Par ailleurs, l’ingénierie nous préoccupera grandement. Son développement est un chantier très important que nous souhaitons prendre à bras le corps. Sachez que l’expérience avec le Groupe PSA est extrêmement intéressante. Il faut généraliser ce genre de réflexion chez les industriels.

Ce n’est pas une tâche facile, car aujourd’hui les développements se font majoritairement à l’extérieur, mais cela constitue un chantier énorme que notre association relèvera.

L’AMICA, une interface majeure

Créée en 1974, l’Association Marocaine pour l’Industrie et le Commerce de l’Automobile constitue une véritable interface entre ses membres (une soixantaine) et les départements ministériels concernés par le secteur. Il faut y ajouter l’ensemble des opérateurs économiques et institutionnels agissant dans les domaines liés à l’amélioration de la compétitivité, le développement de la formation, la promotion des exportations, le transfert des technologies, l’accueil des investissements… L’association a accompagné depuis sa création le développement du secteur automobile, et sa structure a suivi les mutations de ce dernier pour représenter actuellement deux branches distinctes à savoir la branche Industrie : regroupe tous les acteurs de l’industrie automobile, depuis le constructeur aux prestataires liés, en passant par les équipementiers rang 1 ou rang N+1. On recense également la branche distribution qui regroupe l’ensemble des importateurs distributeurs de pièces de rechange automobiles.

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